LE MAGAZINE MMATV
Grappling drills at home : 20 minutes pour mieux bouger du sol à la position debout
À la maison, le shrimping, le pont, les mouvements de garde et le relevé technique permettent de travailler sans partenaire. L’objectif n’est pas de simuler un combat entier, mais de rendre vos déplacements plus précis entre les cours. Voici les exercices à privilégier, leurs repères d’exécution et une séance de 20 minutes à adapter à votre espace.
Table des matières
Toggle- Choisir ses exercices selon le sol, l’espace et son niveau
- Testez vos repères de grappling à la maison
- Créer de l’espace avec les hanches plutôt qu’avec les bras
- Conserver les jambes entre soi et l’adversaire
- Relier le sol aux déplacements de lutte
- Une séance de 20 minutes, avec une progression observable
Choisir ses exercices selon le sol, l’espace et son niveau
Avant de commencer, dégagez les meubles et vérifiez que votre surface ne glisse pas. Vous devez pouvoir étendre les bras et les jambes sans heurter d’obstacle. Un tapis de fitness fin ne constitue pas nécessairement une protection suffisante pour les roulades ou les impacts : choisissez une surface adaptée au mouvement prévu.
Testez vos repères de grappling à la maison
Six questions pour revoir les mouvements, les précautions et les repères de séance. Choisissez une réponse par question. Vous pouvez vérifier chaque réponse immédiatement, puis calculer votre score final.
Sans surface amortissante, privilégiez les déplacements debout contrôlés. Sur un tapis stable, ajoutez les mouvements au sol sans chute. Les Granby rolls, les inversions et les entrées de lutte avec contact du genou demandent davantage de précautions et un apprentissage préalable avec un coach.
| Situation | Drills à privilégier | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Débutant, petit espace | Shrimp sur place, pont, relevé technique | Contrôler chaque appui |
| Priorité BJJ | Déplacements de hanches, cercles de jambes, récupération de garde | Garder les genoux devant soi |
| Priorité lutte ou No Gi | Posture, changements de niveau, sit-outs | Ne pas croiser les pieds |
| Surface adaptée et technique acquise | Sprawl contrôlé, entrée de lutte | Éviter tout impact brutal |
En cas de blessure récente ou de douleur persistante, faites valider la reprise par un professionnel de santé. Une limitation de mobilité ne se corrige pas en forçant une inversion ou une amplitude inconfortable.
Créer de l’espace avec les hanches plutôt qu’avec les bras
Le shrimping : déplacer le bassin pour récupérer la garde
Allongez-vous sur le dos, genoux fléchis, pieds au sol. Tournez-vous légèrement sur un côté, puis poussez dans le sol avec le pied d’appui pour éloigner le bassin de vos épaules. Ramenez ensuite les genoux devant le buste et recommencez de l’autre côté. Vos mains restent devant vous, comme des cadres de protection, ou frames.
Ce déplacement prépare la création d’espace depuis une position inférieure, notamment sous un contrôle latéral. Évitez de simplement glisser tout le corps en ligne droite : recherchez un véritable décalage des hanches. Dans un espace réduit, replacez-vous après chaque répétition plutôt que de traverser la pièce.
Le pont orienté : soulever, puis tourner
Sur le dos, rapprochez les pieds des fesses sans inconfort. Poussez dans les pieds, montez le bassin et dirigez le mouvement vers une épaule. Revenez doucement au sol, puis alternez. L’appui passe par les pieds et le haut du dos, jamais par une poussée sur la tête ou le cou.
Le pont prépare les déplacements de poids utiles aux sorties de montée. Un mouvement uniquement vertical manque une partie de cet objectif. En revanche, le drill solo ne reproduit ni le contrôle d’un bras adverse ni le blocage d’un appui nécessaires à certains renversements.
Le sit-out : faire passer une jambe sous le corps
Depuis quatre appuis, décollez légèrement les genoux. Transférez le poids sur une main et le pied opposé, puis faites passer la jambe libre sous le corps en tournant le bassin. Posez la hanche près du sol avec contrôle, puis revenez à votre base. Commencez lentement, sans chercher une grande ouverture.
Ce mouvement travaille les changements d’orientation utiles depuis la position regroupée, dite turtle. Gardez l’épaule d’appui stable : si le poignet ou l’épaule devient douloureux, arrêtez plutôt que de compenser en accélérant.
Conserver les jambes entre soi et l’adversaire
Les cercles de jambes et le retour des genoux
Sur le dos, soulevez les pieds et gardez les genoux souples. Dessinez de petits cercles alternés avec les jambes, comme pour replacer successivement chaque pied à l’intérieur des appuis d’un adversaire imaginaire. Maintenez une amplitude qui ne vous oblige pas à cambrer fortement le dos.
Ajoutez ensuite un léger déplacement des hanches sur le côté, puis replacez les deux genoux face à votre adversaire imaginaire. Ce lien entre leg pummeling et récupération de garde est plus pertinent que de pédaler vite sans intention. Le repère : vos jambes reviennent protéger l’espace devant votre buste.
Pensez à votre garde comme à une valve qui régule un passage : il ne suffit pas d’ouvrir de l’espace, il faut aussi le refermer au bon endroit. Après chaque déplacement de hanche, réinsérez un genou avant d’écarter davantage les jambes. Cette consigne évite de créer vous-même un couloir de passage pendant un exercice censé travailler la défense.
Les changements de hanches en garde assise
Asseyez-vous, genoux fléchis, pieds devant vous. Utilisez brièvement une main derrière le bassin pour vous alléger, décalez les hanches, puis réorientez les genoux face à votre cible imaginaire. Alternez sans vous laisser tomber sur l’épaule ni vous affaisser en arrière.
En BJJ, cette mobilité aide à suivre un déplacement autour de la garde. En No Gi, elle prépare aussi les transitions vers le relevé. Elle ne remplace toutefois pas le travail des connexions et des saisies face à un partenaire.
Relier le sol aux déplacements de lutte
Le relevé technique : retrouver une base sans se précipiter
Assis, posez une main derrière vous et le pied opposé au sol. Gardez l’autre main devant le visage. Soulevez le bassin, retirez la jambe libre sous votre corps, puis posez ce pied derrière vous pour retrouver une position stable. Redressez-vous en regardant devant, sans croiser les pieds.
Travaillez des deux côtés et contrôlez également le retour au sol. Ce drill développe l’équilibre pendant le relevé ; il ne garantit pas de pouvoir se relever sous pression ou dans une situation de self-défense.
Posture de lutte, changements de niveau et sprawl
Debout, fléchissez légèrement les jambes et déplacez-vous par petits pas, en conservant votre base. Abaissez ensuite le bassin en pliant les genoux plutôt qu’en plongeant la tête. Pour une entrée de lutte déjà apprise en club, répétez d’abord le déplacement sans frapper le genou au sol.
Le sprawl consiste à retirer les jambes et à reculer les hanches face à une attaque imaginaire. À domicile, pratiquez seulement une version contrôlée sur une surface adaptée, sans vous jeter au sol. Débutant, restez sur le retrait des jambes et la posture jusqu’à validation par votre entraîneur.
Une séance de 20 minutes, avec une progression observable
ONE Jiu-Jitsu et Jordan Laster proposent des séances de 15 à 20 minutes ; Imperial Jiu-Jitsu évoque 15 à 30 minutes. Pour commencer, voici un format de 20 minutes qui privilégie la technique plutôt que l’épuisement :
- 5 minutes : échauffement progressif des articulations et déplacements faciles.
- 10 minutes : choisissez 3 ou 4 drills, puis alternez des passages de 30 à 60 secondes avec récupération et corrections.
- 2 minutes : shadow grappling lent : pont, shrimp, retour en garde assise, relevé technique.
- 3 minutes : retour au calme et note sur un point technique à améliorer.
ONE Jiu-Jitsu donne aussi le repère de 10 répétitions contrôlées de chaque côté. Pour la fréquence, commencez par les 2 ou 3 séances hebdomadaires suggérées par Imperial Jiu-Jitsu ; ONE Jiu-Jitsu recommande 3 ou 4 fois par semaine. Ajustez selon votre récupération et vos cours.
Augmentez la vitesse seulement lorsque vos appuis restent stables et vos descentes silencieuses. Filmez quelques répétitions pour soumettre une question précise au coach. Avec un partenaire, restez sur des sorties positionnelles connues : ONE Jiu-Jitsu propose 20 à 30 % de résistance et des rounds de 2 à 3 minutes. Convenez d’un arrêt immédiat, sans soumission ni projection improvisée. Le solo affine le mouvement ; l’opposition apprend quand l’utiliser.